Nos premiers pas à Bashantek

Après 5 jours de repérage, d’ajustements sur nos questionnaires, de préparations logistiques, de travail d’échantillonnage, le tout agrémenté d’une rencontre avec les leaders du bidonville, d’un focus de groupe avec une vingtaine de femmes et d’une journée de formation des quatre enquêteurs qui travailleront avec nous, il fallait bien se lancer. Petit stress du début, cette fois-ci on sait à quoi s’attendre et on aimerait appliquer toutes les leçons tirées de l’Ethiopie pour que tout soit parfait.

Bon bien sûr le premier jour n’est jamais à l’image de ce que l’on attend, et celui-là n’a pas échappé à la règle… On avait l’impression d’avoir été grands seigneurs et vraiment des génies de l’organisation et de l’anticipation en prévoyant 4 entretiens par jour, soit 1h30 par entretien (exercice que nous faisions en 50min en Ethiopie après 4 jours d’entrainement), surtout que dans un bidonville, nous imaginions les transitions entre deux entretiens assez courtes.

La réalité est un peu différente, Bashantek s’apparente de très près au labyrinthe de Pan, et quand, même au sein d’un même cluster (groupements de compteurs qui nous permettent de nous repérer), plusieurs personnes ont le même nom et prénom, et qu’on ne peut les distinguer que par leur numéro de client inscrit sur leur carnet Water&Life, l’affaire se complique. Ajoutez à cela quelques personnes absentes car en train de travailler à l’extérieur, un ou deux malades et d’autres qui semblent tout à fait inconnus du reste de la communauté, et alors faire 4 enquêtes dans la journée devient un exploit. Merci le tirage aléatoire sur liste ! La rigueur que l’on s’impose, on la paie cher et difficile d’expliquer à nos enquêteurs que l’on veut interroger Maleka Begum ID client 456 absolument et non Maleka Begum ID client 23, et que même si cette gentille dame est toute disposée à répondre à nos questions, on ne peut pas faire l’entretien avec elle.

Une journée durant à parcourir ces minuscules allées dans un sens dans l’autre, en découvrir une nouvelle cachée pour repasser 5min plus tard toujours penaud, ouvrir un carnet en priant pour tomber sur le bon numéro de client, et recommencer inlassablement. On se serait cru dans scoubidou. Un coup d’œil à ma montre et là c’est la crise de nerfs assurée.

Si on remet cela dans le contexte du Ramadan sous 30 degrés on peut imaginer qu’aux alentours de 15h le moral des troupes fonctionne au ralenti, et il nous faut beaucoup d’auto-dérision et d’optimisme pour arriver à croire qu’on finira dans les temps et que tout sera aussi parfait qu’imaginé.

Après relecture quelques  3 jours plus tard, nous voilà déjà rassurés, nos enquêteurs se sont adaptés rapidement au contexte et avec l’aide du staff local de SJP (l’entreprise sociale créée par Eau et Vie qui assure la distribution de l’eau à Bashantek) qui semble être né avec un GPS intégré, tout est rentré dans l’ordre !

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