Pensées en vrac

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La barrière de la langue réduit notre expression à se qu’il a surement de plus ancré en nous, de plus rustique, de plus primitif et c’est surement pour ça qu’en seulement quelques semaines, on saisit l’essence de chacun, les quelques traits caricaturaux et le 100% ingérable de l’enfant qu’on a été. Ces moments où l’on sent que l’on touche quelque chose d’irrationnel, les blessures d’enfants qui ressortent à des moments imprévus et de manière incontrôlée. C’est ainsi que l’on remarquera que notre Johnny B Good des familles, ne peut tout simplement pas supporter l’idée qu’on ne l’aime pas, que l’on ne soit pas satisfait de lui et son travail, ou tout simplement qu’on pense que ce n’est pas une « bonne » personne. Son obsession c’est qu’on l’aime, qu’on ne l’oubli pas, qu’on pense à lui, tout le crie, sa moto, sa coupe de cheveux, ses réactions de drama queen. Il m’a d’ailleurs très posément expliqué, que si il portait cette coupe à la marge simpson, c’était tout simplement qu’il n’avait pas assez d’argent pour se faire remarquer par cela, alors il fallait bien qu’il soit original pour qu’on se souvienne de lui, et puis ainsi où qu’on aille à moins de deux heures de moto, les enfants sur le bord de la route crie son prénom à son passage. Pour notre Melmane préféré, c’est le côté plutôt insécurisé qui remporte. Tout est un problème, il a toujours peur de manquer, et ce qui par dessus tout lui fait perdre ses moyens c’est l’injustice. Petit dernier de 16 enfants, il se sent en permanence lésé, ce n’est jamais assez, on préfère toujours les autres. Bref la vie est injuste. Un jour, à la fin d’un entretien une fermière m’offre deux bananes, j’en mange une et j’en garde une pour PE qui travaille ce jour là avec Melmane. Ce dernier me demandera par la suite des comptes : pourquoi j’en ramène à Pierre et pas à lui. Je lui ai quand même expliqué qu’on n’entretenait pas tout à fait la même relation, et ce n’est qu’une anecdote parmi d’autres… Et puis niveau barrière de la langue et ingérable, on est pas lésé sur l’affaire, et je suis bien persuadée de les avoir saoulé plus que nécessaire avec cette idée que j’avais besoin de pouvoir compter sur eux et de leurs avoir fait des crises démesurées avec trémolos dans la voix à l’appui sur la confiance et la fiabilité. Chacun son problème… Tout ça pour dire, que pour d’illustres inconnus, on a quand même dû faire beaucoup d’efforts les uns pour les autres, et on se connaît surement mieux mutuellement que certaines de nos connaissances lointaines.