Des filtres pour tous

Dernier rendez-vous d’Adaqua à l’étranger. On avait réussi à trouver le rendez-vous parfait pour conclure notre voyage : Une start-up prometteuse qui produisait des filtres à eau (ce qui symbolise le côté technique de notre aventure) afin de donner aux populations un accès durable à de l’eau potable (grosso-modo le but ultime de notre voyage).

Alors on est parti à la rencontre de Wateroam à l’université NUS. Bienvenu dans le paradis des start-up : La Factory, grand open space au design épuré, avec des jeunes entrepreneurs qui mangent, discutent, écrivent sur des brain storm board et inventent les produits de demain. Au milieu de toute cette agitation, Chong Tee Lim nous accueille avec un grand sourire.

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WATEROAM a décidé de s’attaquer au problème de l’eau potable, en particulier dans le sud-est de l’Asie. En effet, Singapore est une anomalie dans le paysage est-asiatique : tout le monde y a un accès à une eau potable au robinet. En dehors de cette bulle, 260 millions d’asiatiques souffrent d’une eau de mauvaise qualité chaque jour.

Alors comment font-ils ? Ils ont inventé des filtres de différents types mais qui sont tous simples à utiliser, transportables, faciles à entretenir et économiques afin que tout le monde puisse les utiliser.

 

Deux ont retenu notre attention : Le ROAMFILTER LITE, petite poche de 10L que Chong Tee a monté sous nos yeux en deux secondes et qui permet d’éliminer les organismes dangereux pour la santé. Le principe est simple : remplir la poche d’eau où elle s’écoule à travers un filtre. Adieu les petites bêtes qui nous rendent malades. Ces poches offrent un moyen de se procurer de l’eau potable dans n’importe quelle situation, en particulier après une catastrophe naturelle où tous les moyens normaux peuvent être détruits. Tremblement de terre au Népal en 2015, Vanuatu …. La liste des pays dans lesquelles WATEROAM a déjà utilisé ces poches est longue.

Les applications sont encore nombreuses : donner de l’eau aux personnes loin des réseaux de distribution classiques…
L’autre est un filtre-pompe : ROAMFILTER PLUS. Une arrivée d’eau amène l’eau jusqu’à la machine, il suffit ensuite de pomper pour rendre l’eau potable. Le système est plus encombrant et complexe mais il permet de traiter des quantités d’eau plus importantes, 250L par heure alors que le ROAMFILTER LITE ne permet de traiter que 6L par heure.

 

C’est beau, c’est innovant mais nous étions sceptiques après cette première partie de la présentation (mentalité française oblige…). Les populations allaient-elles utiliser ces filtres ? On était allé sur le terrain voir d’autres innovations, on avait vu que parfois il était difficile de changer les mentalités et que les gens comprennent qu’il était nécessaire pour eux de boire de l’eau filtrée !

La preuve est la réalité : les gens ont utilisé ces filtres au Népal, au Vanuatu après les catastrophes naturelles qui ont touché ces pays. Distribués par des ONG gratuitement, WATEROAM a trouvé une bonne voie d’acheminement vers les populations.

 

Mais WATEROAM va plus loin, il veut vendre ses filtres directement à la population locale. A l’aide d’ONG implantée localement et d’un partenariat avec les agences de micro-crédit locales, il a mis en place au Cambodge un test : les systèmes ROAMFILTER PLUS sont vendus à des entrepreneurs qui ont réussi à acheter un filtre grâce à un microcrédit. Ensuite, ces entrepreneurs purifient l’eau et la vendent à la population locale.

 

Deuxième poussée de scepticisme : en Inde, les gens que nous avons rencontrés ne voulaient pas payer leur eau même si elle était de meilleur qualité ! Mais visiblement, dans la zone où WATEROAM se développe, les gens ont l’habitude de payer leur eau. Ainsi, 41 entrepreneurs cambodgiens ont déjà acheté les filtres WATEROAM et revendent l’eau filtrée autour d’eux à des prix défiant toute concurrence

 

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